 Les agences de notation de credit...
Ce sont ces acteurs incontournables du dispositif financier international dont le rôle est d'informer les investisseurs sur la solvabilité et la fiabilité des emprunteurs sur les grands marchés de capitaux.
En toute bonne foi. Cela va de soi.
Toute peine mérite salaire; il faut bien rémunérer les agences pour ce travail, et elles le sont... par les emprunteurs qu'elles s'apprêtent à noter!
Comme si le guide Michelin devenait intégralement financé par les restaurateurs dont il évalue la cuisine.
Franchement: quel emprunteur accepterait de payer des centaines de milliers, et dans de nombreux cas des millions, de dollars pour le plaisir de se voir attribuer une mauvaise note dont l'effet mécanique serait de le priver de toute source de capitaux?
Depuis des années les trois principales agences de notation mondiales notent la Fédération de Russie "investment grade", une catégorie de notes qu'elles disent réserver aux emprunteurs qui remboursent toutes leurs dettes - comme si la Russie ne se soustrayait pas activement à ses obligations, et comme si elle ne se rendait pas coupable de faux écritures publiques lorsqu'elle ne mentionne pas - donc dissimule - l'existence de créances certaines, liquides, et exigibles, envers des centaines de milliers d'épargnants spoliés dans le monde entier.
Pourquoi s'obstinent-elles à ignorer les informations précises et vérifiables qui leur sont communiquées par l'Afiper?
Mystère...
En attendant, voici ci-dessous quelques propos glanés au fil du temps qui peuvent nous fournir un commencement d'explication.
Après quoi nous vous invitons à visionner la vidéo ci-dessous (en anglais) dont la deuxième moitié résume parfaitement la situation à ce jour (17 juin 2009).
Remarque importante: notez qu'avant les années 70 (donc du temps de M. Vogelius premier cité ci-dessous) les agences de notation étaient payées par les investisseurs qui utilisaient leurs services, et non comme c'est le cas depuis par les emprunteurs qu'elles s'apprêtent à noter.
Citations choisies au fil du temps:
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1957
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Edmund VOGELIUS,
Moody's vice-president.
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"Il est évident que nous ne pouvons demander à être payés pour noter une obligation. Le faire affecterait un prix à l'opération, et nous ne pourrions échapper à l'accusation, qui nous serait immanquablement adressée, que nos notes sont à vendre".
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1995
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Thomas Mc GUIRE,
Moody's director, corporate development, jusqu'en 1996.
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"Les agences de notation emploient des personnes ordinaires qui ont des charges de famille, des factures à payer et des emprunts à rembourser. Par inadvertance les régulateurs soumettent ces personnes à des pressions indues, et partagent la responsabilité de tout scandale qui pourrait en découler".
(discours à la Securities and Exchange Commission)
"Moody's était comme un bon chien de garde qui aurait considéré les marchés financiers comme son domaine, et qui aboyait chaque fois qu'un inconnu s'en approchait. Mais dans les années 90, ce chien de garde a été muselé et entravé. On l'a transformé en chien couchant".
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2007
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Anonyme,
Moody's managing director, répondant à un sondage exécutif interne.
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"Ces erreurs nous donnent l'air d'être incompétents en analyse de crédit ou d'avoir vendu notre âme au diable en échange de chiffre d'affaires, ou un peu des deux".
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2008
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Jerome FONS,
ex-Moody's director for credit quality.
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"De mon point de vue, l'attention de Moody's s'est détournée de la protection des investisseurs pour devenir une organisation motorisée par le marketing".
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Sylvain RAYNES,
ex-Moody's analyst, co-fondateur de R&R consulting.
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"La notion erronée que Moody's était une société comme n'importe quelle autre, voilà qui était fondamental. Il ne s'agit pas d'une société comme Exxon ou Microsoft cherchant juste à maximiser les profits. Moody's est investie d'un devoir envers le public américain. Les gens lui faisaient confiance".
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2008
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Sean EGAN, fondateur
de Egan-Jones, agence dont les notes sont payées non par les émetteurs mais par les investisseurs
Sources:
New York Times 06.12.08
L'AGEFI 17.07.08
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"Notre métier est de publier des notations qui informent les investisseurs le mieux possible. Le métier de Moody’s, S&P ou Fitch, c’est de publier des notations qui facilitent l’émission de titres, ce qui est parfaitement légitime puisque les émetteurs assurent environ 80 % de leurs revenus."
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